An ti-mengleuz dilezet / Barzhoneg gant Ivonig Picard

An ti-mengleuz dilezet

A-dreñv torgenn Sant-Mikêl,

‘Welit a-hont en dremmwel

Eun ti-mengleuz dilezet,

E doenn hanter-gouezet ;

E zoriou a zo dister

Hag e brenestou heb gwer ;

Outo ma taolit evez,

‘Sellint ouzoh divuhez.

Koulskoude e tostait,

Ha roudou treid a gavit :

Ennañ pa vez gwall-amzer

‘N em houdor eur mesaer

A glever o c’hwibanad

E-keid ma peur e zañvad.

Ar paour-kêz den n’ema ket

Hep gouzout ar pez ‘zo bet

El lojeiz e-leh ma vez

‘Pad ar bloaz meur a zevez :

« Amañ, a lavaras din,

« ‘Vevas gwechall Kaourintin

« Mestr-mengleuzier Sant-Riwall

« Brudet e meur a gêr-all,

« A dennas kement tamm mên

« ‘Ra mogeriou pep lochenn.

« E vugale p’oa marvet

« Da foeta bro a oa eet.

« Pedra bennak na skrivont

« Ger na d’hemañ na d’hen-hont,

« D’o ano ‘chomin leal,

« M’hen tou, beteg ar bed-all !

« Penaoz o ankounac’hfen ?

« Ar hosa ‘zeskas din lenn ;

« Gand an hini yaouanka

« Ez een da neizeta ;

« O hoar ‘garen a galon :

« Klask ‘reen beza he mignon…

« Lavared ‘rafeh ganin

« Eur bater ‘vid Kaourintin ? »

La maison de carrier abandonnée

Vers St Michel, près du Mont

On voit poindre à l’horizon

Une maison abandonnée

Dont le toit s’est écroulé.

Ses portes sont disloquées

Et les vitres sont cassées.

Quand on la voit isolée

On peut la croire délaissée,

Pourtant, si vous approchez,

Des traces de pas vous verrez :

Car quand vient le mauvais temps

Un berger vient, s’abritant,

Il sifflote des chansons

Pendant que broutent ses moutons.

Le pauvre homme connaît bien

De la maison le destin,

De ce lieu où chaque année

Il passe bien des journées.

Il me dit un beau matin :

« Ici vivait Corentin

Chef carrier de Saint-Rivoal

Bien connu en Cornouaille.

Des pierres, il en a sorti

Pour construire nos logis.

Quand il mourut, ses enfants

S’en allèrent aux quatre vents.

A personne ils n’ont écrit

Ni aux grand, ni aux petits.

Je le jure, j’honorerai

Leur nom, tant que je vivrai.

D’eux je garde le souvenir :

L’ainé ‘m’a appris à lire

Le benjamin quant à lui

Avec moi cherchait des nids.

J’aimais comme un fou leur sœur

Rêvant qu’elle me donne son coeur.

Avec moi voulez-vous bien

Prier pour le Corentin ? »