Ar zakrist koz / Barzhoneg gant Ivonig Picard

Ar zakrist koz

En eur zistrei war va hiz,

E welan kalz kenvroiz,

Hag etrezo ar zakrist

‘N-doa va furmet da gorist,

A zeske din ‘pad ar goan,

Katekiz goude va hoan.

Tonton Laou“ ez oa anvet

Gand kement ‘oa badezet,

Dougen ‘ree eur bragou-berr,

Gwech chupenn, gwech krohen ler.

A-hend-all, e oa bihan,

Hag e vouez dinerz ha moan.

E oad a oa ar penn-koz

M’e halved a ar “zakrist-koz“.

Daoust d’e lagad berr-weled.

Lunedou ne lakee ket.

Souezuz ‘oa e vemor :

Aliez, en e gador,

‘Lare d’eom kentel ar feiz

‘N eun doare ken piz ha reiz

Ma chomem oll estlammet,

Dirag kement a spered.

Neuze ‘ta, da di va yeont’,

Deut an noz, e tleem mond.

Ni a oa bugale dous,

Morse ne veze gourdrouz ;

Diskouez ‘reem d’or mestr karet

Sujidigez ha respet.

Pa deue d’ober e gest,

E pep tiad a oa gouest

E oa digemeret mad,

Hag ivez trugarekaad.

Koulskoude an den kêz-se

Atao e peoh ne veve :

Eur vandennad hailloned.

Pa veze an oabl goloet,

‘Bigne war horre e di

Da ober jilivari

Dre leuskel diwar al lein

Da zizaha, berniou mein

On lakee da grena,

Meur a hini da ouela

Kredi a ree or mestr kêz

Ez oa an anaon er mêz,

Hag e lare gand kredañs :

« Goullom eur o delivrañs »

Evid ar vad greet gantañ,

E-pad m’eo bet er bed-mañ,

Ez eo ‘michañs gopret :

‘Vid-se ‘m-eus kement pedet !

Le vieux sacristain

Quand je reviens en arrière

Je revois mes congénères

Parmi eux le sacristain

Qui m’enseignait le latin.

Le soir après le repas

Il nous parlait de la foi.

« Tonton Laou » on l’appelait,

C’est le nom qu’on lui donnait.

Il portait pantalon court

Veste ou peau selon les jours.

Il faisait bien gringalet

Avec une voix de fausset.

Son nom, le vieux sacristain

Venait de son âge certain.

Bien que myope, ça paraît bête

Il n’avait point de lunettes

De la chaire bien souvent

Sa mémoire toujours l’aidant

Nous contait les évangiles

Vrai lettré, précis, facile

Nous étions émerveillés

Devant tant de faculté.

Chez mon oncle la nuit tombée

Il nous fallait bien rentrer.

De sages enfants nous étions

Pour nous pas de punitions.

Envers le maître on montrait

Soumission et grand respect.

Quand il venait pour quêter

Partout il était choyé,

Chez tous était bien reçu

Et par chacun reconnu.

Mais ce pauvre homme pourtant

Rencontrait bien des tourments :

Une bande de coquins pervers

Quand le ciel était couvert

Sur le toit montaient la nuit

Pour faire leur charivari,

Lançant des tas de cailloux

Qui s’éboulaient de partout.

Et nous faisaient tous trembler

Et certains même pleurer.

Le maître pensait angoissé

Aux âmes des trépassés

Il nous disait, homme pieux :

Délivrez-nous, O mon Dieu.

Pour tout le bien qu’il a fait

En ce bas monde imparfait

Sans doute est-il remercié

Pour cela j’ai tant prié.