Kimiad ar pillaouer / Barzhoneg gant Ivonig Picard

Kimiad ar pillaouer

« Dornet, krazet, en arh laket (Diou wech),

« Va zamm eost ‘zo dastumet ;

Bara o-do va bugale,

Mond a hellan war vale.

Diskan

« Tra la la, la la la, la la la,

« Tra la la, la la la, la la la.

« Me a zammo arhoaz vintin

« War va marh diou vaninkin ;

« Abred, en hent me a yelo

Daoust d’an deiz, avel pe hlao. »

Pa oe savet ar pillaouer,

E lakaas e voutou-ler ;

Gand e vaz dindan e gazell,

‘Laras : « yo ! » n d’e gomper “Yell »

Ar beure a oa trist ha treud

Med ar paotr ‘vid ken nebeud

A gane kerkoulz ha nikun

‘N eur garga e gorn-butun :

« Ahann da goulz Kalagoañv,

« Petra ‘rafen er vro-mañ ?

« Troha tammou lann er menez,

« A-wechou mond war zevez.

« A-hend-all, stanka an tier ;

« Ze ‘vad, n’eo ket eur vicher,

« Ha koulskoude, va breudeur gêz,

« M’em-bije ‘n distera êz,

« Ne dajen ket da billaoua,

« Gwelloh eo kaoud peadra !

« Med perag eta damanti ?

« Bevom bepred dizoursi ! »

Neuze e weler va den mad

War gein e loen o pignad,

Oh ober sin ar groaz buan :

E wreg ‘bedo evitañ.

E-keit-se ‘hrizinke Yellig.

‘Liez e Leon birvidig ;

Mond a reas d’an inkane

Da noz ‘oa e Landerne.

Le départ du pilhaouer

« Battue, séchée puis engrangée

Ma maigre moisson est rentrée.

Mes enfants auront donc du pain

Et moi je m’en vais demain.

Refrain

Tra la la, la la la, la la la,

« Tra la la, la la la, la la la.

Demain matin je chargerai

Deux paniers sur mon cheval bai.

Sans traîner je prendrai la route

Pluie ou vent, coûte que coûte. »

Sitôt levé le chiffonnier

Enfila vite ses vieux souliers.

Avec son bâton sous l’aisselle

Il fit « Hei !» au compère « Yell ».

Malgré le matin triste et froid

Notre homme se sentait comme un roi

Sifflant, chantant comme personne

Bourrant sa pipe si bonne.

« De ce jour jusqu’à la Toussaint

Que pourrais-je faire dans le coin ?

Coupeur de lande dans la montagne ?

Journalier, qui rien ne gagne ?

Ou encore réparer les toits

Ce n’est pas un métier pour moi.

Mes chers frères, je le dis pourtant

Si j’avais le moindre argent,

Je cesserai d’être chiffonnier

Il vaut mieux être fortuné !

Mais pourquoi donc se lamenter ?

Vivons sans nous tourmenter ! »

Alors vous verrez mon brave homme

grimper sur sa bête de somme.

Vite, il esquisse un signe de croix

Pour lui sa femme priera.

Cependant Yellig hennissait

Vers le Léon qu’elle connaissait.

Elle allait l’amble d’un bon train

Landerneau n’était plus loin.