Krampoueza / Barzhoneg gant Ivonig Picard

Krampoueza

‘Uz da vouded ha keuneud moan

‘Tomm ar pilligou war an tan.

An toaz a zo war al leur-zi,

‘N eur vasin gouevr pe bodez pri.

Ne labour ket ar rozell c’hoaz ;

An hanaf a zamm ar hravaz.

E tu pe du euz an oaled

Lard ha larderez ‘vez gwelet.

En eur hornig war eur skabell

Ema o hortoz ar spanell.

Med perag da ze taol evez ?

Sellom ‘ta ouz an aozerez.

‘Barz an tommdcr n’eo ket iskiz

E vefe e korv he hiviz ;

Na zougfe ‘med he broz dindan :

He micher ‘zo eur stad a boan.

Ha, va zud paour, ar rumm nevez

Ne gar ket kaer aoza krampouez ;

Aon ‘deus da veza mogedet,

Peogwir her rankan lavared.

Ha muioh-mui ‘mesk an hern koz

‘Kaver pilligou o repoz.

E gaou ez afem d’en em glemm :

Dalhom drant ha lirzin on dremm.

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Petra ‘dalv termal hep termen ?

Gwell eo tañva eur grampouezen.

Evel-se ‘ra ar mevel braz,

Ha, war e lerh, kalz re all c’hoaz:

Ar bugel o tond euz ar skol,

Kement ‘vez bemdeiz ouz an daol ;

Marteze meur a amezeg;

Enno ne gavin ket abeg,

Rag ‘vidon ‘lipen va mourrou

En deiz ‘tomme ar pilligou.

Mad ‘veze dreist-oll ar hrampouez

Servijet e ti va mestrez.

‘Trezom on-daou ‘vezent rannet,

Er memez asied debret.

Faire des crêpes

Sur un feu de tourbe et de bois

chauffent les pilligs comme autrefois.

Sur le sol la pâte est bien prête,

Dans un grand pot ou une cuvette

Le rozell servira plus tard

La coupe repose sur son brancard.

De part et d’autre du foyer

Sont saindoux et boîte à graisser.

Dans un coin, sur un escabeau

Le spanell va servir bientôt.

Mais tout ceci n’importe guère :

Regardons un peu la crêpière.

Par cette chaleur, quoi d’étonnant

Qu’elle soit en chemise maintenant ;

Pour faire cet épuisant métier

Seul son jupon elle a gardé.

Car pour la jeune génération

Faire des crêpes est une punition.

Incommodés par la fumée

Ils le sont tous en vérité.

De plus en plus dans le bourrier

Viennent les pilligs se reposer.

Mais cessons donc de maugréer :

Conservons sourire et gaîté !

Car à quoi bon geindre sans fin,

Mieux vaut de crêpes faire un festin

Le grand valet procède ainsi

Et bien d’autres encore après lui.

Au retour de l’école l’enfant

Se met à table spontanément

Et bon nombre de mes voisins

Auxquels je ne reproche rien,

Car moi enfant, je salivais

Le jour où le pillig chauffait.

Mais les crêpes les plus appréciées

C’était celles de ma bien-aimée.

Entre nous on les partageait,

Dans la même assiette on mangeait.